Émile Lauret (1928–2026)

Émile Lauret s’est éteint le 28 avril 2026, à l’âge de 98 ans.

Pour beaucoup, il restera “La Brise”. Un surnom qui, à lui seul, résume une manière d’être et de servir.

Engagé en 1964 comme sapeur-pompier à Saint-Pierre, Émile Lauret a consacré 25 années de sa vie au service, jusqu’à sa retraite en 1989. D’abord mobilisé en parallèle de ses fonctions municipales, il s’impose rapidement comme une figure centrale du centre de secours.

Adjoint au chef de centre, il marque durablement des générations de sapeurs-pompiers par son exigence et sa connaissance du terrain. Son parcours est jalonné d’interventions marquantes, parmi lesquelles l’incendie du dépôt de rhum de Grand Bois, où il impose l’usage de la mousse à contre-courant des pratiques, ou encore de nombreux secours à personnes, parfois heureux, parfois tragiques.

À une époque où les moyens étaient limités, il incarne une génération de pompiers formés par l’expérience, capables d’adapter leurs méthodes aux réalités du terrain et de transmettre des savoir-faire essentiels.

Au centre de secours de Saint-Pierre, “La Brise” ne désignait pas un tempérament. Elle désignait un niveau d’exigence. Quand elle passait, chacun savait ce que cela signifiait : vérifier, contrôler, recommencer, être prêt.

Émile Lauret n’était pas un homme de discours. C’était un homme de rigueur. Il pouvait cacher des pièces dans les engins pour s’assurer que les vérifications étaient réellement faites. Derrière ces méthodes, une logique simple : ne jamais tricher avec la réalité opérationnelle. Parce que derrière chaque geste, il y a la sécurité des hommes.

Ceux qui ont servi sous ses ordres savent.
Ceux qui ne l’ont pas connu en bénéficient encore.

Son empreinte n’est pas un souvenir. C’est une continuité.

Jusqu’au bout, cette exigence ne l’a pas quitté. Il y a encore quelques semaines, les soignants qui l’accompagnaient le décrivaient avec un sourire : il restait un chef. Il fallait organiser, décider, dire comment faire. Rien, au fond, n’avait changé.

C’est cette cohérence qui caractérise son parcours. Une vie entière tenue par la même ligne : servir, former, transmettre.

Dans le cadre du projet de musée des sapeurs-pompiers de La Réunion et de l’océan Indien, un personnage nommé Émile portera cette transmission. Inspiré d’Émile Lauret, il incarne la figure du pompier ancien : celui qui transmet des gestes, des réflexes, une manière d’agir forgée par des décennies d’expérience.

Émile Lauret a servi.
Il a formé.
Il a marqué.

Et ce qu’il a construit continue.

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