Le jet diffusé : multiplier les gouttes pour absorber la chaleur

L’eau éteint principalement le feu en le refroidissant. Elle absorbe une partie de la chaleur lorsqu’elle monte en température, puis une quantité bien plus importante lorsqu’elle se transforme en vapeur.

La lance permet de choisir la manière dont l’eau est projetée. En jet diffusé, elle divise l’eau en un grand nombre de gouttes réparties sur une surface plus large. À volume égal, de petites gouttes présentent une surface totale de contact supérieure à celle de grosses gouttes. Elles peuvent donc absorber plus rapidement la chaleur des flammes, des fumées et des gaz chauds.

Cette efficacité suppose toutefois que les gouttes atteignent réellement la zone à refroidir. Trop petites, elles peuvent être emportées par le vent ou se vaporiser avant de pénétrer jusqu’au foyer. Le porte-lance recherche donc un compromis entre finesse des gouttes, portée et pénétration.

Un jet largement diffusé peut également former un écran d’eau limitant temporairement l’exposition au rayonnement thermique. Cette protection reste relative : elle ne permet pas de progresser sans tenir compte de l’intensité du feu, de la température et des possibilités de repli.

La photographie montre aussi l’effort nécessaire pour tenir la lance. L’eau accélérée à sa sortie exerce une force en sens inverse sur les personnels : c’est la réaction de la lance. Elle dépend principalement du débit, de la pression à la lance et de la vitesse de l’eau. À fort débit, plusieurs sapeurs-pompiers peuvent être nécessaires pour stabiliser l’établissement et diriger le jet avec précision.

La lance contemporaine ne sert donc pas seulement à projeter de l’eau. Elle permet d’en régler l’utilisation pour obtenir l’effet recherché tout en maîtrisant les contraintes hydrauliques.

Lieu et date : à compléter — Crédit photographique : Charles Lebon – COMSDIS974.