Rue Amiral-Lacaze : combattre le feu avec une protection limitée

Cette photographie a été prise pendant le violent incendie d’une grande maison créole de la rue Amiral-Lacaze, à Saint-Denis. Jean-Yves Pontiac, présent lors de l’intervention, en a conservé un souvenir précis.
Le véhicule visible sur la photographie était appelé « le Drouville » par les sapeurs-pompiers. Son conducteur, Viramoutou Luders, tenta d’utiliser une bouche d’incendie située sur le trottoir. Le rayonnement était si intense qu’il se brûla les mains en manœuvrant son dispositif d’ouverture. L’équipe dut rechercher un autre point d’eau, plus éloigné du foyer.
Les personnels ne portaient pas encore les ensembles de protection utilisés aujourd’hui. Leur tenue était une simple combinaison de mécanicien, fermée sur toute sa hauteur par une fermeture métallique. Sous l’effet de la chaleur, celle-ci laissa une marque sur le corps du conducteur. La peinture latérale du camion se craquela également.
Lorsque la toiture de la maison s’effondra, les intervenants ressentirent une brusque et violente vague de chaleur. L’épisode montre les limites des protections de l’époque, mais aussi l’importance du positionnement des engins et des personnels face au rayonnement thermique.
Le retour à la caserne donna lieu à une sévère remise au point, notamment en raison de l’exposition du véhicule et de son équipage.
Jean-Yves Pontiac replace cet incendie dans une période marquée, dans son souvenir, par plusieurs feux de grandes maisons créoles. Ce témoignage ne permet cependant ni de mesurer précisément le phénomène ni d’en établir les causes. Il constitue d’abord une source sur les conditions d’intervention et la perception des sapeurs-pompiers de l’époque.
Lieu : rue Amiral-Lacaze, Saint-Denis — Date : à déterminer — Crédit photographique : Alex Teng-Ah-Koun — Témoignage : Jean-Yves Pontiac.